Partenaires particuliers

Chaque année se tient à Paris, le congrès de l’association des Maires de France et ce depuis… plus de 100 ans. Parallèlement se tient le salon des Maires et des collectivités locales qui permet à plus de 45 000 visiteurs de venir à la rencontre de près 1200 entreprises. Le congrès est réservé aux élus, le salon lui est public mais avec un public constitué essentiellement d’élus locaux et de fonctionnaires territoriaux. A titre personnel j’ai participé aux deux et cette année marquait ma 22e participation.

Voilà, le décor est planté.

Le Président de la République innove, lui, cette année, en ne venant pas s’exprimer devant les élus, réunis en congrès mais en déambulant dans les allées du salon. Pour qui n’a jamais participé à ce rendez-vous annuel, petit retour sur cette « foire des territoires ».

Le Président de la République annonce vouloir un exercice plus au contact des élus. Fort bien mais déambuler dans le salon empêche-t-il de s’exprimer devant les Maires en congrès ? Non.

Faut-il voir dans cette « innovation » un autre motif ? Sans doute.

Même si le Président de l’AMF, David Lisnard, souligne l’évolution positive des relations entre Matignon et les élus locaux il n’en va pas forcément de même dans l’évolution globale des relations entre l’Etat et les collectivités. C’est d’ailleurs la première fois depuis Couve de Murville, en 68, que ni l’Elysée ni Matignon ne sont occupés par un ancien élu local. 

Est-ce qu’avoir été élu local est une garantie d’efficacité pour diriger la nation ? Évidemment non mais l’exercice du mandat local, encore plus au niveau communal, assure d’avoir été régulièrement confronté aux problématiques quotidiennes de nos compatriotes. L’actuel Président du Sénat avait d’ailleurs défini l’élu local comme à portée d’engueulade. En effet difficile d’être plus au contact direct. A noter que, depuis les lois de Gaston Defferre, les territoires se voyaient renforcés dans leur action, au service des citoyens, par une application réelle de la subsidiarité.

Depuis ces dix dernières années, force est de constater que la décentralisation a du plomb dans l’aile.

Sans être clairement jacobin, l’Etat pousse de plus en plus son avantage. Chaque jour nous apporte son lot de dispositifs et de textes, voulus par l’Etat, qui sont censé  améliorer la vie des français. Les français, eux, ne semblent pas toujours convaincus. Pour qui est un fervent défenseur des territoires, le maillage local et plus spécifiquement le bloc communal est pourtant une chance pour le pays.

Le grand débat national, suite aux gilets jaunes, le réclamait et la crise du Covid l’a démontré avec force. Et pourtant, les Maires se sentent de plus en plus déconsidérés par un Etat qui, lui, en demande de plus en plus, accumulant les missions déléguées aux communes tout en réduisant de plus en plus leurs marges de manœuvre. La perte d’une part de fiscalité locale, amplifiée par la crise énergétique et l’explosion des tarifs, conduisent nombre d’édiles à ne plus savoir à quel saint se vouer. Sainte Rita peut-être ?

Il est évident qu’ils n’attendaient pas un miracle de l’Elysée cette semaine mais le choix du Président apparaît plus comme un « vent » que comme la volonté d’un contact plus direct.

En fait si le Président voulait vraiment apporter un plus aux Maires et adjoints présents, il serait avisé de faire une ordonnance pour des séances d’ostéopathie car les élus rencontrés hier dans les allées du salon commençaient à en avoir plein le dos.

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