Recrutement en association ne vaut pas adhésion

Dans le monde associatif, le recrutement de salariés peut souvent s’apparenter à un défi de taille pour les dirigeants. En effet, ces derniers ne sont pas toujours familiers avec cet exercice, et ce, même s’il faut bien reconnaître que certaines entreprises ne sont pas forcément plus rompues à celui-ci.

Le recrutement d’un salarié est parfois perçu comme le Saint Graal de la gestion associative, à l’instar du mythe du site internet, des marqueurs de la réussite. Une forme de « signe extérieur de richesse ». Il est cependant essentiel de rappeler que le projet associatif demeure la priorité absolue et que la réalisation de celui-ci reste la vraie marque de la réussite.

Les associations oublient trop souvent qu’embaucher une personne représente indéniablement une charge, tant sur le plan financier, et ce de manière pérenne, que sur celui du management. Toutefois, il faut reconnaître qu’un salarié au sein d’une association est un plus en contribuant à alléger la gestion quotidienne et apportant une compétence indéniable au développement.

Il convient néanmoins de garder à l’esprit une notion fondamentale que de trop nombreux dirigeants associatifs ont tendance à oublier : le salarié n’est pas un adhérent. Et je vais vous le démontrer en deux points.

Tout d’abord, moults associations cherchent à recruter des personnes entièrement en phase avec leur objet social, voire militantes. Si l’on peut effectivement prendre en compte un principe de précaution d’incompatibilité (il serait difficile, par exemple, d’embaucher Greta Thunberg dans une association promouvant le nucléaire), en quoi le fait d’être totalement en adéquation avec les buts de l’association constitue-t-il un prérequis ? Au final, c’est une compétence que vous recherchez, pas un militant. Réservez vos campagnes d’adhésion pour cet objectif spécifique.

Le deuxième point à prendre en considération est que le fait de privilégier des recrutements basés sur l’adhésion aux idées de votre association peut entraver la capacité de renouvellement des idées. Ce phénomène s’observe également dans les entreprises, en particulier dans le secteur industriel, où le recrutement consanguin (même école, même diplômes, même parcours, etc.) conduit progressivement à un conformisme de la pensée. L’innovation elle-même est alors perçue comme une hérésie qui risquerait de briser un ordre bien établi et, il faut le dire, assez confortable. Les associations ne font pas exception à cette règle.

En conclusion, il est crucial pour les associations de se concentrer sur les compétences et l’expertise lors du recrutement de salariés, plutôt que de se focaliser sur l’adhésion aux idées. Cette approche permettra non seulement d’apporter des compétences essentielles au développement de l’association, mais aussi de favoriser le renouvellement des idées et l’innovation.

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